Construire ou restaurer un four à pain familial avec Maisons Paysannes de France

Nous avions déjà abordé les fours à pain ;

maisons-paysannes-de-franceCette fois, Maisons paysannes de France propose un dossier dans son numéro 202.

Ci-dessous, la partie technique du dossier pour la construction (ou la réparation) d’un four à pain traditionnel (le dossier, proposé en PDF, contient aussi une présentation : « Beaucoup plus qu’un four »).

Construire ou restaurer un four à pain familial

Texte de Georges Duménil – Photos des chantiers des délégations MPF Manche et Meuse

« La création d’un four à pain n’est pas compliquée. Elle est à la portée de qui pratique la petite maçonnerie. Maisons Paysannes de France conseille d’utiliser des matériaux traditionnels (pierres, briques, argile, chaux), sans ciment, briques réfractaires ou béton cellulaire, sans fours préfabriqués. Ceux qui restaurent un four existant, en mauvais état, se référeront à la partie concernée. Parfois, il faudra déposer la toiture de l’édicule lorsque le four lui-même est à reconstruire.

L’outillage

L’outillage est celui du maçon : pelle, truelle, auge, brouette, cordeau, ciseau à brique, règle, massette, niveau, tréteaux. Pour la couverture, marteau de couvreur, scie, tronçonneuse, équerre.

les matériaux

  • La maçonnerie :
    – les pierres de pays pour l’enceinte du four peuvent être récupérées dans des ruines ;
    – la voûte et la sole seront en terre cuite et la bouche du four peut être en pierre de taille ;
    – sable et chaux naturelle (CL90 dans les régions ne craignant pas le gel, NHL 3.5 pour les autres régions) ;
    – se procurer de l’argile sera peut-être moins simple. Il existe pourtant encore de nombreux tuiliers ou briquetiers artisanaux, dont certains cuisent encore au bois. N’hésitez pas à faire 100 km pour vous rendre chez l’un d’eux, vous y trouverez la terre cuite et l’argile nécessaires et souvent de bons conseils.
  • Pour la toiture, on privilégiera la récupération de poutres et de tuiles courantes dans la région.
  • La porte du four, pas obligatoire, pourra être réalisée en tôle rivetée sur pentures. Ce pourra être aussi une porte de récupération en fer ou en fonte.

Le lieu d’implantation

Il est assez libre. Il peut se situer dans une grange, contre un mur avec ouverture du four à l’intérieur du bâtiment contre lequel il est adossé. Ce peut-être un édifice isolé. S’il est communal, une place au centre du village est idéale. On doit penser à un environnement sans risque d’incendie et à une place suffisante pour circuler autour en toute sécurité.

1. les murs

La dimension au sol est essentiellement fonction de la taille du four lui-même. Pour un usage familial un four ovale de 90 à 100 cm de long et 70 à 80 cm de large est suffisant. Autour du four, prévoir environ 1 mètre de plus pour l’épaisseur des murs gouttereaux, soit un carré d’environ 2m x 2m et un rectangle si le four est ovale. Mais les murs extérieurs peuvent aussi suivre le tracé du four et se construire en absidiole, dénommée « cul de four ».

  • four-a-pain-aTracer au sol le périmètre extérieur du bâtiment. De petites fondations seront utiles pour la stabilité de la construction. (Photo A)
  • Monter ensuite les trois murs extérieurs en 0,50m d’épaisseur jusqu’à 80 cm de hauteur.
  • Réaliser au sol une chape ou un dallage dans cet espace qui servira de stockage du bois, sous le four.
  • À hauteur de ces 80 cm, disposer des dalles de pierre solides à mi-épaisseur des murs. Cette partie inférieure du four peut aussi être voûtée.
  • Continuer ensuite l’élévation des murs gouttereaux jusqu’à environ 1,80 m à 2 m, et du mur pignon en fonction de la pente de toiture choisie.
  • Le quatrième côté du four est constitué de la bouche, qui peut être surmontée d’une cheminée. Ce n’est toutefois pas une obligation, selon les lieux d’implantation les fumées pourront s’échapper à l’air libre, mais le plus souvent un conduit de cheminée est édifié juste au-dessus de la bouche du four et vient se terminer par une souche en toiture. L’idéal est de récupérer une ancienne cheminée simple : deux jambages et un linteau que l’on intègre dans la maçonnerie lors de l’édification des murs.

2. la sole

four-a-pain-bVient ensuite le revêtement de la sole, partie du four qui reçoit le feu et les aliments. (Photo B) La terre cuite, briques et carreaux, sera privilégiée car résistante à la chaleur. Elle sera posée au mortier d’argile/chaux ou sable/chaux. La surface de la sole doit être très plane, pour que les outils y glissent bien.

3. la bouche

La sole terminée, il faut construire la bouche. Si on a récupéré une porte, on y adapte la bouche. Son arc peut être de briques ou de pierres de taille.

4. La voûte du Four

C’est la partie la plus délicate.

– On effectue d’abord un tracé précis sur la sole, pour délimiter le coffrage de la voûte. Une voûte surbaissée donne un meilleur rendement à la chauffe qu’une voûte en plein cintre.

four-a-pain-c– Pour ce coffrage, nous conseillons une terre plutôt argileuse à laquelle on donne la forme à la main. L’avantage
en est la facilité de décoffrage et la réutilisation de la terre en la disposant au-dessus du four terminé (elle servira ensuite de masse au maintien de la chaleur). Sur ce coffrage étaler un petit coulis de plâtre qui empêchera la terre de coller aux briques. (Photo C)

four-a-pain-dOn pose ensuite les mulots (petites briques plates) les briques voire les tuiles plates, sur un premier rang, à plat, sur une couche de mortier d’argile et chaux. (Photo D)
Les rangs suivants se posent de la même façon mais un peu obliquement pour correspondre à la perpendiculaire du
coffrage. Prendre bien soin de placer le dernier rang en clé.

four-a-pain-e– Lorsque le coffrage est entièrement recouvert de briques, ajouter une couche d’argile de 3 à 5 cm d’épaisseur en prenant soin de remplir tous les orifices entre les briques. (Photo E)

– Une patience de trois semaines est conseillée avant le décoffrage, dont vous utiliserez la terre comme cité plus haut.

– Il ne reste plus qu’à bien nettoyer les briques en les brossant. C’est un travail pénible qui s’exécute couché, avec peu de place pour se mouvoir.

 

5. La couverture

Votre bâtiment se terminera par une toiture conforme aux usages régionaux.

6. Autour du Four

four-a-pain-interieurDans la chambre à four, où donne la bouche, il est conseillé de réaliser un sol en terre cuite ou en dallage de pierres pour éviter tout risque d’incendie avec les braises et cendres chaudes. Il ne reste plus qu’à « aménager » les lieux: où ranger les outils du boulanger, où poser les préparations culinaires, où recueillir les braises qui sortent du four ? Le four sera plus volontiers utilisé si ces abords sont sûrs, pratiques et confortables! »

Si vous voulez éplucher le reste du dossier, consulter le le PDF de Maisons paysannes de France.

Leur revue : maisons-paysannes.org/librairie/la-revue/


Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s