Carnets d’utopies & Marinaleda

“Les Carnets d’utopies” de Michel Mompontet :
l’info porteuse d’espoir

les-carnets-d-utopies-de-michel-mompontet-l-info-porteuse-d-espoirDiffusés par France 2, les reportages buissonniers de Michel Mompontet mettent en valeur des initiatives sociales ou économiques différentes.

Depuis la fermeture de Mon œil, en juin dernier, il avait disparu des écrans radars. Après plusieurs mois d’éclipse, Michel Mompontet revient poser son regard oblique sur le monde comme il va (ou pas). Celui qui épingla, semaine après semaine, pendant cinq ans, les faux-semblants de la com politique et les baudruches du storytelling, dans sa chronique mordante hébergée par 13h15 le samedi, s’est cette fois choisi d’autres armes que le détournement d’images. Une série de longs reportages buissonniers (une trentaine de minutes par épisode), baptisés Carnets d’utopies, que le journaliste a conçus comme une « suite optimiste » au désenchantement qui aurait pu naître de « l’observation régulière du théâtre politique » pendant un quinquennat – en l’occurrence, celui de Sarkozy. (Source : telerama.fr)

Episode 1


Marinaleda, un village en utopie

Diffusé sur France 2 le samedi 23 mars 2013 à 13:15 – Durée : 39 min. (Merci à pour cette belle découverte)

MarinaledaCe deuxième volet de la série « Carnet d’utopies » nous emmène en Espagne, à Marinaleda, petit village d’Andalousie qui développe depuis des années un système social et politique à contre-courant du modèle prédominant. Un document signé Michel Mompontet, Antoine Morel et Mathilde Rougeron.

Alors que l’Espagne bat des records de chômage et d’expulsions, à Marinaleda, le chômage est à moins de 5% et tous les habitants sont propriétaires de leur logement contre un remboursement de quinze euros par mois. A la tête de ce village d’irréductibles, un maire qui est en train de devenir un exemple de rébellion pour des milliers d’Espagnols.

Marinaleda, une utopie vers la paix

Et aussi sur France-inter une émission de Daniel Mermet en juin 2011 : « Pas de chômeurs, pas de promoteurs. Collectivisation des terres et des moyens de production. Et la démocratie, la vraie, la directe ! C’est tout ce dont nous parlons depuis fort longtemps. C’est ce dont parlent également les Indignés espagnols. Il y a un endroit où cela fonctionne depuis 1978. C’est le village de Marinaleda. »

Marinaleda, village d’Andalousie, développe depuis les premières élections libres de 1979 un système social et politique à contre-courant du modèle prédominant. Ses habitants ont obtenu par des actions incessantes 1 200 hectares qu’ils exploitent aujourd’hui en coopérative. Cette coopérative intègre ses propres unités de transformation et commercialise sa production. Le village a développé des formes innovantes de démocratie directe et de mise à disposition de logements très bon marché. La démocratie directe, la lutte collective, la participation bénévole ont transformé la vie de ses habitants, des paysans sans terre.

En mêlant les images de la vie quotidienne à celles réalisées par les villageois eux-mêmes – fresques murales, films de propagande, télévision locale – le film de Sophie Bolze explore la complexité de cette expérience collective. (Source : lesjoyeux.org)


Un « Robin des bois » en Andalousie

LE MONDE | 29.08.2012

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José Manuel Sanchez Gordillo entame une marche de trois semaines pendant laquelle il sillonnera l’Andalousie, encourageant d’autres maires à ne plus obéir à la politique d’austérité du gouvernement. REUTERS/JON NAZCA

Héros ou vandale ? Humaniste au grand coeur ou marxiste mégalomane ? Juan Manuel Sanchez Gordillo, maire depuis trente-trois ans de la petite commune de Marinaleda dans la province de Séville, en Andalousie, député au Parlement régional pour Izquierda Unida, la gauche unie (écolo-communistes, IU), et membre du Syndicat andalou des travailleurs (SAT), concentre au moins autant de critiques que de louanges sur sa personne.

Connu pour avoir mené, dans les années 1980 et 1990, des campagnes d’expropriation visant à redistribuer la terre aux paysans ou pour avoir développé l’autoconstruction de logements sociaux loués 15 euros par mois, celui que la presse a vite surnommé le « Robin des bois andalou » est revenu sur le devant de la scène médiatique en août, après avoir conduit une opération symbolique du SAT dans deux supermarchés de la région. Le 7 août, à Arcos de la Frontera et à Ecija, des dizaines de personnes ont rempli une vingtaine de chariots de denrées de première nécessité avant de partir sans payer. Ils ont ensuite distribué le butin à différents services sociaux et aux habitants dans le besoin de La Corrala Utopia, à Séville, un ensemble de quatre immeubles vides squattés depuis trois mois par trente-six familles en situation de « danger social », selon les termes des « indignés » qui ont organisé l’occupation et leur relogement.

« CE N’EST PAS UN VOL »

« Ce n’est pas un vol, se défend M. Gordillo. Un vol, c’est ce que font les banques qui achètent de la dette à la Banque centrale européenne à 0,7 % et la vendent à l’Espagne à 7 %. Ce que nous avons fait est un acte d’insoumission pour dénoncer le fait qu’il existe des familles qui ne peuvent pas se payer de quoi manger. »

L’action, qui plus est menée par un élu, a provoqué un vif débat dans une Espagne rongée par la crise où les actes de désobéissance civile, certes pacifiques mais qui touchent tous les échelons de la société, se multiplient à mesure qu’augmente la pauvreté et que grandit un sentiment d’injustice sociale.

Occupations d’édifices privés à l’abandon par des personnes dans le besoin, rassemblement massif pour empêcher les huissiers d’appliquer les ordres d’expulsion immobilière, opposition de médecins et d’infirmiers à la consigne de ne pas soigner les immigrés sans papiers comme l’exige une nouvelle loi, ou encore refus de plusieurs présidents de région d’appliquer les coupes, dans la santé et l’éducation, que demande le gouvernement central, sont autant de signes de la colère des Espagnols, de leur désespoir aussi, alors que 25 % de la population active est sans emploi et qu’1,7 million de foyers comptent tous leurs membres au chômage.

En Andalousie, la situation est encore plus dramatique. Région touristique et agricole ayant subi de plein fouet l’explosion de la bulle immobilière, elle est la plus frappée par la crise, avec un taux de chômage de 34 % et même de 63 % chez les jeunes de moins de 25 ans.

Mais cela justifie-t-il le vol de supermarchés ? Les deux grands partis ont rapidement condamné l’action de M. Gordillo, et le parquet andalou a ouvert une enquête. Mais une majorité d’Espagnols a approuvé son geste, comme en témoigne le sondage réalisé sur le site du journal pourtant conservateur El Mundo, selon lequel 54 % des internautes ont considéré que « le hold-up » était « justifié ».

50 % DES TERRES DÉTENUES PAR 2 % DES PROPRIÉTAIRES

M. Gordillo, de son côté, a décidé de surfer sur le vent de rébellion qui souffle en Andalousie et a organisé des « marches ouvrières » à travers les provinces andalouses pour exiger « l’abolition des coupes budgétaires et de la réforme du travail » – le gouvernement de Mariano Rajoy prétendant économiser plus de 100 milliards d’euros en deux ans, par le biais de l’augmentation de la TVA, de la baisse du salaire des fonctionnaires ou encore de la réduction des aides aux chômeurs. M. Gordillo plaide aussi pour « la cession des terres publiques aux travailleurs », « la fin des expulsions immobilières », ou encore pour que « les dettes des banques soient payées par les banques », en référence à l’aide de 100 milliards d’euros sollicitée par le gouvernement auprès de l’Union européenne pour recapitaliser le secteur.

La troisième « marche ouvrière » a eu lieu lundi 27 et mardi 28 août, dans la province de Cadix, puis ce sera celles de Grenade, Malaga et enfin Séville, du 5 au 7 septembre. L’occasion de sensibiliser l’opinion sur la situation des travailleurs agricoles. « Avec l’éclatement de la bulle immobilière et la destruction des emplois dans la construction, il y a deux fois plus de personnes qui postulent pour travailler dans les champs. Mais il n’y a pas de travail pour tout le monde », explique Lola Alvarez, responsable du SAT de Cordoue, qui coordonne l’occupation du domaine public de Somonte. Propriété du gouvernement andalou, ce terrain de 400 hectares inutilisé, avec trois bâtiments vides, est occupé illégalement depuis le 4 mars par vingt-cinq personnes qui y cultivent de quoi se nourrir. « Il n’est pas acceptable, alors que des familles sont contraintes de faire les poubelles à la sortie des supermarchés, qu’une terre aussi fertile ne soit pas exploitée », poursuit Mme Alvarez.

« En Andalousie, 50 % des terres sont détenues par 2 % des propriétaires », dénonce aussi M. Gordillo, qui soutient les « récupérations de terres ». En 1991, le maire avait obtenu du gouvernement andalou l’expropriation du duc del Infantado, jusqu’alors principal propriétaire terrien à Marinaleda. Il en a fait une coopérative municipale employant plus de quatre cents personnes, devenue le symbole de sa gestion particulière. Aujourd’hui, le mouvement d’expropriation connaît un nouveau souffle, alors que l’Andalousie s’enfonce dans la misère.

sandrine.mo@gmail.com (Source : lemonde.fr)


 

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