Re-Bonjour, Paysans !

paysannerie-bonjourLe principe d’autonomie s’est progressivement perdu au sortir de la guerre, quand le tracteur et l’ère industrielle de reconstruction se sont imposés aux français. A part la région parisienne, la France était un amoncellement de petites fermes familiales à peu près autonomes, qui ne dépendaient que d’elles-mêmes.

Ce modernisme a entrainé la lente transformation puis désertification rurale au profit de l’industrie d’après-guerre.

Mais aujourd’hui, un lent retour avisé à la terre-mère est réamorcé. Pour revenir à une agripermaculture écologique, rationnelle, reprendre une certaine indépendance alimentaire et énergétique, contrer intelligemment le déclin fatidique du capitalisme destructeur.

Quelques documentaires sur le monde paysan et son histoire, entre déclin, maintien et reconquête.

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Adieu Paysans

Un film écrit par Alain Moreau et Jean Rozat. Réalisé par Audrey Maurion. Produit par Program 33. Avec la participation de France Télévisions et du Centre national du cinéma et de l’image animée.

1947 : Libérées depuis deux ans, les villes ont faim. Jamais le pays n’aura autant compté sur ses paysans. Oui mais voilà : le monde rural n’est plus dans l’époque. Il est mis en demeure de se moderniser. En quelques années, la mécanisation va le faire passer d’un mode de vie fondée sur la lenteur à celui de la vitesse. La modernisation introduit une révolution dans l’économie et la mentalité paysanne: le crédit. L’endettement contraint à produire plus, donc au recours systématique des engrais chimiques. Productivité et planification se révèlent incompatibles avec le système traditionnel paysan où patriarche, famille et entreprise ne faisaient qu’un. Il implose.Un peu plus d’une génération s’est écoulée depuis la Libération. Ce n’est désormais plus le ciel que la nouvelle génération de paysans consulte, mais Bruxelles et ses quotas. De la Bretagne au Larzac, les campagnes entrent en convulsions.Bientôt un mythe va naître : le mythe paysan qui connaîtra son apogée avec la Grande Moisson un jour de juin 1990 sur les Champs-Elysées. Perdurera-t-il ?

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Paul Bedel dans sa vie de paysan

Paul BEDEL est un paysan authentique du département de la Manche. Ou était.

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LE TRACTEUR D’ORGUEIL

Film documentaire réalisé par Nicolas Hervoches et Patrice Goasduff en 2003. Musique originale de Jacques Henry.

Le tracteur a révolutionné « plus vite que prévu » nos campagnes de l’après-guerre. Nous sommes passé d’un pays avec 75% de fermes familiales « autonomes » à une économie productiviste entrainant de fait la disparition progressive des plus faibles.

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La Mort est dans le pré

C’est un film percutant dont personne ne sortira indemne. Mais surtout un film qui dévoile un problème de santé publique autrement plus grave que le pourcentage de cheval roumain dans les lasagnes au bœuf. Un problème de santé publique probablement équivalent à celui de l’amiante, dont les victimes ont enfin été reconnues après plusieurs décennies de combat et de mépris de la part des autorités compétentes, complices de l’industrie. Ce drame, c’est celui vécu par les agriculteurs ou proches d’agriculteurs qui ont été au contact quotidien des pesticides, et qui contractent cancers, maladies neurologiques et autres saloperies susceptibles d’être fatales.

Le réalisateur Eric Guéret est allé à la rencontre de ces gens qui, dans la peine ou la maladie, se battent pour la justice et pour une agriculture plus respectueuse des hommes et de la terre : Caroline Chenet, éleveuse de 45 ans dont le mari a succombé à un lymphome ; Frédéric Ferrand, viticulteur de 41 ans victime d’un cancer de la vessie et de la prostate ; Paul François, contaminé par le « Lasso » de Monsanto et qui mène un combat juridique du pot de terre contre le pot de terre face à la multinationale ; enfin Denis Camuzet, éleveur du Jura qui, bien que paraplégique, voit son avenir dans la conversion en bio de son exploitation.

Comment en est-on arrivé là ? Chacun témoigne à la fois du manque total d’information des fournisseurs de produits, qui s’abstiennent bien d’alerter sur leur dangerosité, de l’inconscience durable des agriculteurs comme dans cette scène où les parents de Frédéric, également vignerons, parlent de l’aspersion des produits alors qu’ils étaient encore dans les vignes : « ça faisait l’effet d’une douche fraiche en plein été ». Et puis il y a dans toutes les bouches la reconnaissance de ce foutu sens du silence qui règne chez les paysans. Le paysan est solidaire de son voisin pour les travaux, mais n’évoque jamais ni les problèmes d’argent, ni les problèmes personnels, ni même ceux de santé, fierté oblige. Et dénoncer les pesticides est souvent perçu comme une forme de trahison face à quelque chose qui a permis à chacun d’augmenter ses rendements et de mieux vivre matériellement. Mais voilà, la maladie est là et avec elle la prise de conscience d’une énorme duperie criminelle. Et la prise de conscience est telle que certains avouent ne plus donner à leur famille la production de leur récolte, se limitant à ce qui sort du potager privé cultivé en bio. Désormais ces paysans interviewés ne se taisent plus et mènent un combat parfois désespéré : combat auprès de la Mutuelle Sociale Agricole pour faire reconnaître son cancer comme maladie professionnelle, combat contre les scientifiques stipendiés par l’industrie, combat pour changer de pratiques, un défi pour ceux que l’agro-industrie a coupés de tous leurs savoirs traditionnels. Et malgré le tragique de la situation, grâce à l’obstiné Denis Camuzet, l’éleveur qui veut devenir bio, ou à la victoire juridique de Paul François, ce film reste plein d’espoir dans la lutte.

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Nos paysans se meurent

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 Semences Paysannes
et Droit des Paysans

Déclaration d’Auzeville

Nous, plus de 350 personnes, dont de nombreux représentants de mouvements et syndicats paysans, d’associations de la culture biologique et bio dynamique, d’ONG de France et de 10 autres pays, réunis à Auzeville, France, aux Premières « Rencontres sur les Semences Paysannes » les 27 et 28 février 2003, déclarons :

La semence est la première ressource des paysans

La semence est un produit vivant de la nature que les paysans utilisent, multiplient et reproduisent dans leurs champs depuis que l’agriculture existe ; pouvoir la ressemer est un droit inaliénable des paysans premier qui doit être reconnu et respecté.

La maîtrise paysanne de la semence

La semence paysanne est source de diversité et d’autonomie. Cela permet d’adapter aux terroirs et aux conditions pédo-climatiques chaque génération. Elle produit des variétés qui s’adaptent aux terroirs, après plusieurs générations de de plantes que les paysans sélectionnent. La semence paysanne n’est ni homogène ni stable, elle évolue avec la vie. Sa dynamique la fait mieux correspondre aux besoins d’une agriculture diversifiée et elle offre la qualité et la diversité de produits que recherchent les consommateurs.

Les graines que le paysan produit dans son champ à partir de variétés anciennes ou d’aujourd’hui, de variétés oubliées ou orphelines, permettent aussi de conserver vivant, « in- situ », un patrimoine génétique et culturel d’une région. La plupart de ces variété n’ont aucun intérêt économique, mais par plaisir et pour sécuriser leurs conservations les paysans échangent entre eux leurs semences.

La plupart de ces variétés n’ont aucune valeur sur le marché mondial, s’échangent au niveau local et peuvent être une ressource génétique pour renouveler la diversité du patrimoine génétique d’autres terroirs.

L’échange de semences paysannes est une nécessité pour maintenir la possibilité de l’évolution des variétés et leur capacité d’adaptation aux conditions spécifiques des fermes et des cultures..

La semence paysanne est menacée

La semence paysanne est menacée lorsque l’agriculture industrielle réduit la diversité et le nombre de paysans et remplace les variétés de pays par des variétés homogènes et stables.

L’agriculture industrielle façonne les paysages, l’alimentation, la vie, selon des critères, des normes, des législations que nous ne partageons pas. Elle tente d’imposer des variétés hybrides non reproductibles, bientôt des variétés OGM, et des droits de propriété intellectuelle privée sur la semence, que nous refusons.

Aujourd’hui, les semences paysannes

Le paysan soucieux de la relation entre ce qu’il cultive, l’endroit où il le cultive et les besoins alimentaires et culturels des communautés, poursuit l’amélioration des variétés grâce aux semences paysannes, solution d’avenir incontournable.

(source: passerelleco.info)


La terre du vieil homme

Zé Luís arrive au terme de sa vie. Une vie bien remplie, qu’il a menée dans la lignée de celle de ses aïeux. Dans cette campagne perdue du nord-est du Portugal, le travail et la vie ont toujours été les mêmes.
Rien ne le prédisposait au désarroi qu’il connaît aujourd’hui. En effet ses enfants ne vont pas prendre le relais, ils sont tous partis. Et il a beau se répéter que l’émigration fut une bonne chose pour ceux qui sont partis et ceux qui sont restés, il se sent tout de même bien seul, abandonné.
C’est pourquoi il nous délivre une part de sa mémoire, celle qui a trait à sa région. Il confronte son mode de vie, de travail, ses traditions et ses inquiétudes à ce monde moderne qui s’installe autour de lui. Ses enfants restent attachés à cette culture mais ils ne sont plus, en quelque sorte, de ce pays.

Profils Paysans II Le Quotidien Raymond Depardon 2004


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2 réponses à “Re-Bonjour, Paysans !

  1. Bonjour,
    Merci à l’auteur de cet article très percutant. Il y a tant de choses dans mes pensées que vous avez évoqué dans l’article. Je suis d’accord avec vous sur toute la ligne. Je suis pour le droit des paysans de produire leur semence.
    En fait, je suis jardinière, nous avons un grand jardin et les récoltes nous permettent de manger sain. Et je pense que tout le monde doit aussi avoir la possibilité de manger des aliments sains et ainsi préserver leur santé. Je produis aussi mes propres graines, j’en donne également à des amis. Tout ce qu’il y de plus normal.
    Jenny

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