L’autonomie à la rescousse de Détroit

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Depuis quelques années (depuis le début de « la crise ») Détroit est une ville à l’abandon, minée par le chômage. Voir de belles photos de la ville ravagée

VILLE FANTÔME

Detroit. 370 km2. On pourrait y glisser Manhattan, Boston et San Francisco qu’il resterait encore de la place, s’amusent ses habitants – ou ce qu’il en reste. En cinquante ans, la ville est passée de 1 800 000 à 700 000 âmes. Les Blancs sont partis les premiers – après les émeutes raciales de 1967, qui firent une cinquantaine de morts et quelque 500 blessés –, allant chercher dans des banlieues plus lointaines un calme d’apartheid. (source et suite « Dans Detroit ravagée, Van Gogh et Jack White résistent à la faillite« )

Interview – Dans cette ville américaine désormais en faillite, un nouveau modèle de société émerge à petits pas, comme l’explique la doctorante en géographie Flaminia Paddeu. Ses piliers : autonomie, écologie, anti-consumérisme et solidarité.

Faillite. Le mot a été lâché la semaine dernière. Souzs le poids de ses 18,5 milliards de dollars de dette (14 milliards d’euros), l’ancien bastion de la construction automobile américaine a touché le fond. A Detroit, les retraités craignent désormais pour leurs pensions, les salariés municipaux pour leurs emplois. Mais depuis des décennies déjà, les 700 000 personnes qui n’ont pas quitté la ville apprennent à composer avec le déclin. Abandonnées par les entreprises puis délaissées par la municipalité, elles font de la débrouille un nouveau mode de vie. Flaminia Paddeu, doctorante en géographie et enseignante à l’université Paris IV, prépare une thèse sur l’agriculture urbaine en contexte de crise à Detroit. Dans le cadre de ses recherches elle a mené, en mai 2012, une trentaine d’entretiens auprès de membres et de leaders d’associations de Detroit. Elle raconte l’ébullition qui règne dans les friches de la ville fantôme et, en nuançant les images de désolation, donne quelques raisons d’espérer.

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Henry-Ford-West-Bloomfield

© Henry Ford West Bloomfield Hopistal

La serre biologique de l’hôpital Henry Ford de West Bloomfield, cité de la banlieue de Détroit, fait figure de modèle aux Etats-Unis. Depuis son lancement il y a un an, des dizaines de variétés de légumes y sont cultivées pour la consommation des patients qui mettent la main à la pâte lors d’ateliers. A travers cette thérapie par le jardinage, le projet vise à sensibiliser les patients sur les bienfaits d’une alimentation saine contre les maladies chroniques telles que l’obésité. (par courantpositif.fr)

Alimentation et participation

C’est un donateur anonyme qui a permis à la serre de sortir de terre en septembre 2012. L’espace de 140 m2 est géré par Michelle Lutz, jardinière attitrée. Derrière les parois de verre des dizaines d’espèces de légumes et herbes y sont cultivées grâce aux techniques bio et selon les saisons. Une fois récoltés, les produits sont cuisinés par le chef de l’hôpital et atterrissent dans les assiettes des patients. L’établissement de 200 lits a ainsi fait chuter sa facture annuelle d’achats alimentaires de plusieurs milliers d’euros.

En pratique, Lutz a opté pour un mode de culture en hydroponie (hors-sol) pour deux raisons. Cette méthode permet d’abord de mieux contrôler la croissance des plantes et de consommer 10 fois moins d’eau que les cultures traditionnelles. En l’absence de terre, elle offre aussi un gain de place utile à la venue de patients, scolaires et autres visiteurs à l’occasion d’ateliers et leçons de jardinage. Car la serre joue aussi un rôle de sensibilisation clef.

Sensibiliser au-delà de l’hôpital

Lieu de détente et de thérapie par le jardin, cette serre biologique s’accompagne d’une cuisine de démonstration où des cours de gastronomie sont dispensés. Les patients y apprennent les manières de prévenir ou gérer les maladies chroniques grâce à des méthodes de culture et pratiques alimentaires saines.

Non loin de la serre, un centre éducatif accueille les plus jeunes. Des cars scolaires affluent de tout le Michigan. La serre de l’hôpital de West Bloomfield représente un modèle dans cet état, et même au-delà à travers les Etats-Unis. « Nous voulons influencer nos jeunes à porter un autre regard sur la nourriture et sur ce qu’ils mettent dans leur ventre » indiquait Gerard Van Grinsven, l’ex-directeur de l’établissement lors du lancement du projet.

Quant à Michelle Lutz à qui l’on demande souvent si elle est la seule jardinière d’hôpital du pays, elle répond : « Je pense que oui, mais ne je veux pas le rester. J’espère que de nombreux autres hôpitaux s’inspireront de ce que l’on fait ici ». par Nicolas Blain

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