Le bonheur sur la route à six dans 10 m2

Une famille vaudoise a fait le tour du monde en camping-car. Et, emballée par l’expérience, elle vit toujours dans le véhicule.

Famille BalthasarVivre à six dans 10 m2. Un supplice? Bien au contraire, une bénédiction. Depuis bientôt 5 ans, Véronique, Thierry et leurs quatre enfants cohabitent dans «Casita», un camping-car supersympa. «C’est une cabane avec une tête de tortue et le monde au-dessus», lance la mère de famille de 39 ans. Du monde, il en a vu, le véhicule. Afrique, Asie, Amérique du Sud, la famille «Sixenroute», comme elle s’est surnommée, a parcouru 135 000 km à son bord. Des souvenirs et de superbes images plein la tête. La délicieuse nourriture indienne, les grandioses plages thaïlandaises, l’animation des marchés andins, la magie de Égypte malgré un pénible ensablement en plein désert ou encore la rencontre nez à nez avec deux lionnes et cinq lionceaux dans un parc kényan. Un livre retrace ces pérégrinations*.

Aujourd’hui, la «petite» famille est de retour en Suisse. Et devinez quoi, elle vit toujours dans son camping-car. «Nous ne sommes pas près d’abandonner ce mode de vie nomade, affirme Thierry, 42 ans. Et surtout le plaisir de vivre ensemble, de partager tous ces moments.» Si aucun projet précis n’a encore vu le jour pour la suite, les six Suisses sont bien décidés à repartir à la fin de l’année. «C’est tellement bien de voyager comme cela, relève Sam, 12 ans. On découvre plein de choses et si on trouve un endroit qui nous plaît, on peut y rester longtemps.»

Mais n’allez pas croire que Sam, son frère Max, 16 ans, et ses sœurs Loane, 14 ans, et Zoé, 11 ans, sont en vacances depuis des lustres. Lorsque la famille effectuait son tour du monde, les parents faisaient l’école tous les matins aux enfants. Aujourd’hui, les quatre frères et sœurs suivent les cours par correspondance du Centre national d’enseignement à distance. Et ça ne rigole pas. Max, qui vient de passer un examen, s’en est bien sorti. Tout comme lorsqu’il triture la mécanique ou la carcasse de «Casita». D’ailleurs, il n’a pas envie que cela cesse. «Je passe mon bac dans deux ans. Et d’ici là, je compte bien continuer à profiter de ce mode de vie.»

Des règles strictes

Qu’on ne se méprenne pas. Si l’ambiance entre les six globe-trotters est à l’écoute, à l’échange, les règles sont là et bien là. Ménage le vendredi, tournus de vaisselle, tout le monde met la main à la pâte. Et si la créativité est encouragée, elle est totalement prohibée dans un domaine: le rangement. «Nous sommes tous très imaginatifs, rigole Thierry. Récemment, l’un de nous a placé la théière dans le four, les autres ont mis un moment à la trouver.» Et Véronique d’affirmer leur sacro-sainte règle: «Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place.»

Dans le camping-car, les conditions de vie sont spartiates. Un casier chacun pour ranger ses affaires, des lits superposés à l’arrière, la place est comptée. «Comme espace de vie, ça le fait», affirme Sam. Qui concède tout de même que «ça serait sympa d’avoir un peu plus de choses». Et Loane de lancer: «C’est vrai qu’on manque un peu de place, mais on s’arrange.» Car derrière ces petits inconvénients matériels, la famille «Sixenroute» a découvert le plaisir d’évoluer ensemble et de partager tant de moments précieux. Juriste, Thierry a travaillé dans des grandes entreprises de consulting avant de monter sa société d’insertion professionnelle dans laquelle il travaille de nouveau depuis son retour en Suisse.

Quant à Véronique, elle s’était lancée dans le développement d’atelier parents-enfants. Un boulot, une belle maison mais pas forcément le bonheur. Du stress, des soucis, de l’énervement. «Je voyais mes enfants le soir, et encore, se souvient Thierry. Sinon le week-end. Quand tout allait bien. Aujourd’hui, je suis tout le temps avec eux. Et paradoxalement, on ne s’énerve plus du tout les uns les autres.» Et Véronique d’ajouter: «Aujourd’hui, tous les membres de la famille sont comblés.» Alors c’est donc ça la vraie vie? «Nous comprenons que certaines personnes n’adhèrent pas à notre manière de voir les choses. Mais pour nous, oui, c’est ça la vraie vie.» Et c’est bien parti pour continuer sur les chapeaux de roues.

* «Miss Terre et les six doigts de la main», Ed. Le Vent Blanc, 320 pages, 100 photos, 33 fr. Séances de dédicace: 26 juin à 14 h à la librairie Le Vent des Routes, à Genève, et le 29 juin à 14 h à la librairie Payot de Vevey. www.sixenroute.com (Source)

Véhicules aménagés sur Alternative Autonomie:
https://decroissons.wordpress.com/habitat/vehicules/

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